Dimanche 8 février 2009, par Jenny
Le lotus (Padma, en Sanskrit et en Tibétain) est l’un des huit symboles auspicieux, et l’une des représentations les plus connues de l’enseignement Bouddhiste.
Les racines du lotus sont plongées dans la boue ; la tige pousse sous l’eau, tandis que la fleur au fort parfum repose à fleur de l’eau, baignant dans la lumière du soleil. Ce processus de développement est une parabole pour exprimer l’épanouissement de l’âme. Naissant d’une boue primitive (le matérialisme), elle pousse et traverse les eaux de l’expérience avant d’atteindre la plénitude de l’illumination.
Bien qu’il y ait d’autres plantes aquatiques qui s’épanouissent à fleur de l’eau, le lotus est la seule plante qui a la possibilité de s’élever à plusieurs centimètres au dessus du niveau de l’eau, et ce grâce à sa solide tige. Selon le Lalitavistara, “l’esprit des meilleurs hommes est pur, sans tâche, tout comme le lotus qui repose dans des eaux boueuses, mais sans que cela ne l’atteigne”. Un autre érudit explique que dans le Bouddhisme ésotérique, le coeur des être est comme un lotus dont les pétales sont restés fermés : lorsque les vertus du Bouddha se développe, alors le lotus peut s’épanouir. C’est pour cela que le Bouddha est souvent représenté sur une fleur de lotus. D’autres déités sont souvent associés plus ou moins directement à cette plante aquatique dans leur représentation, que ce soit sur du textile, des sculptures, des peintures, etc.
Dans les représentations bouddhistes, la couleur du lotus peut avoir une signification toute particulière. Sa symbolique varie ainsi :
- Le Lotus Blanc (Pundarika en Sanskrit ; pad ma dkar po en Tibétain) représente un état de perfection spirituelle et pureté mentale absolue. Il est associé à la Tara Blanche, proclamant la perfection de sa nature, une qualité qui se trouve renforcée par la blancheur de son corps.
- Le Lotus Rose (Padma en Sanskrit, pad ma dmar po en Tibétain) est le lotus suprême, généralement réservé à la plus haute divinité. C’est pourquoi il est naturellement associé à Bouddha lui-même.
- Le Lotus Rouge (Kamala en Sanskrit, Pad ma chu skyes en Tibétain) représente la nature originelle ainsi que la pureté du coeur. C’est le lotus de l’amour, de la compassion et de la passion ainsi que toutes les autres qualités du coeur. C’est aussi la fleur d’Avalokiteshvara, le boddhisattva de la compassion.
- Enfin, le Lotus Bleu (Utpala en Sanskrit, Ut pa la en Tibétain) est le symbole de la victoire de l’esprit sur les sensations et perceptions, et représente la sagesse et la connaissance. Sans surprise, il est associé à Manjushri, le boddhisattva de la connaissance.
Dimanche 8 février 2009, par Jenny
Poème en version originale japonaise

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Dimanche 8 février 2009, par Jenny
Messagers du destin, porteurs de symbolique et hantant l’imaginaire de l’homme, les animaux ont depuis des siècles joué un rôle dans la mythologie, les contes, les superstitions populaires et les récits. L’homme a attribué aux animaux des pouvoirs, l’associant parfois à des présages de bonne ou de mauvaise augure. L’animal, neutre en soi, régit par l’instinct, s’est alors parfois retrouvé au milieu du théâtre de la comédie humaine, servant parfois de tiers pour trancher les conflits. On se souvient par exemple des vautours dans la légende de la fondation de Rome, où Rémus et Romulus, élevés par une louve, décidèrent de fonder la ville. Ne sachant qui allait en être le gouverneur, ils s’en remirent au destin, et grimpèrent chacun une colline non loin afin d’interroger le destin. Celui qui compta le plus de vautours dans le ciel fut celui qui serait sacré : tandis que Romulus aperçu 12 vautours, Rémus n’en vit que six : c’est ainsi que Romulus donna son nom à Rome, dont le nom est dérivé.
Cet exemple est loin d’être isolé : il y a de nombreuses autres occurrences dans les textes de Homère, d’Ovide ; in extenso, les exemples abondent dans la littérature, et ce jusqu’à aujourd’hui.
La figure de l’oiseau est sans doute la plus intéressante. Ces habitants du ciel, parfois considérés comme l’égal des Dieux, voire comme des messagers, ont toujours tenu une place importante dans la divination. Certains devins décodaient les augures en observant et interprétant le chant des oiseaux ainsi que leur façon de voler, leurs types de repas ainsi que leur chant. Les oracles se basaient souvent sur ce type d’observation empirique pour présager le succès ou l’échec de certaines entreprises. Par extension, qui ne connaît pas cette fameuse image de la sorcière ou devin lisant l’avenir dans les entrailles de poulet?
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Samedi 7 février 2009, par Jenny
Samedi 7 février… longue à la détente… mais il n’est jamais trop tard pour les voeux de bonne année (tant qu’on n’est pas en juillet…)!
Très bonne lecture, et n’hésitez pas à poster vos commentaires
Mercredi 3 septembre 2008, par Laurent
Mardi 2 septembre 2008, par Laurent
Accorder ses désirs avec la réalité, c’est épouser la vie avec joie.

Dimanche 31 août 2008, par Jenny
La peur est un sujet intéressant et très important. Comme le thé, la peur est infusée dans de nombreux domaines de notre vie. Celui qui s’engage dans la pratique de la pleine conscience devra tôt ou tard se confronter à la peur, ou plutôt, la rencontrer. S’ouvrir au cours d’une pratique spirituelle (c’est à dire lâcher nos moyens de défense et nos résistances, vivre l’instant présent de la façon la plus complète possible) signifie se confronter à nos fermetures, à nos façons de fuir, de résister, voire de nier. Et souvent, ces fermetures, ces fuites ont pour cause l’anxiété, la peur, ou même l’angoisse.
Parfois, nous passons aussi notre temps à fuir notre peur. En nous occupant, en faisant des choses, bref - on s’évite soi même. Mais plus on s’évite, plus il y a de chance pour que la prochaine fois que l’on se rencontre, la peur se transforme en angoisse.
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Dimanche 31 août 2008, par Jenny
Samedi 30 août 2008, par Jenny
En parcourant les temples bouddhistes au Japon, on rencontre d’innombrables figures sacrées qui ont des noms japonais. Mais à quoi correspondent-elles? Quelles sont les caractéristiques de Bishamon? de Fugen? Miroku? Que signifie dans le désordre Kanzeon, Bosatsu, Nyorai? Et plus largement, quelles sont les principales figures sacrées dans le panthéon bouddhiste nippon? Dans cet article, nous allons d’abord aborder les Nyorai.
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Samedi 30 août 2008, par Jenny
Miyajima signifie littéralement en japonais “l’île sanctuaire”. Très connue pour son immense torii rouge qui est immergé par les eaux à marée haute, elle ne l’est pas moins pour son sanctuaire shinto qui est construit sur pilotis et dont la vie est rythmée par les gonflements de la marée. On y croise des cerfs, des daims, mais aussi des singes très malins. A découvrir absolument.
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Samedi 30 août 2008, par Jenny
Dans le Bouddhisme Mahayana, les bodhisattvas sont des êtres qui sont sur le chemin de l’Illumination, mais qui ne l’ont pas encore atteint -c’est à dire qui ne sont pas encore devenus des bouddhas. N’importe quel être qui s’est engagé sur la voie du Bodhisattva peut être considéré comme tel. Littéralement, Bodhi-sattva signifie “celui qui a l’esprit héroique” (sattva) pour atteindre l’Illumination (Bodhi). L’autre traduction possible est “Etre de sagesse”. Dans le Bouddhisme Mahayana, un Bodhisattva est déjà éveillé, et tente d’utiliser sa sagesse afin d’aider les autres à se libérer eux-mêmes. Dans cette perspective, un bodhisattva tends à cultiver la vertu et la sagesse.
Le Mahayana encourage tout le monde à devenir bodhisattva, et prendre les vœux du bodhisattva. Celui qui fait ce vœu promet d’œuvrer pour l’Illumation de tous les êtres sensibles. Ça parait abstrait, dit comme ça, mais en fait, c’est une vision très humaine du chemin qui mène à un accomplissement.
Dans le Bouddhisme Mahayana, la vie dans ce monde est comparée à celle de gens qui vivent dans une maison en feu. Plus exactement, dans le Sutra du Lotus, Bouddha raconte l’histoire d’un homme et de ses fils. Avant d’aborder Lire la suite »
Samedi 30 août 2008, par Jenny
Parler des Quatre Nobles Vérités, c’est pénétrer dans le noyau dur du Bouddhisme. Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, les Quatre Nobles Vérités sont considérées par de nombreuses personnes comme étant le noyau dur de l’enseignement du Bouddha.
Dans la tradition du bouddhisme Mahayana (Tibet, Chine, Japon, Corée), ces Quatre Nobles Vérités ont beaucoup d’importance. La cosmogonie de la tradition Mahayana est extraordinairement élaborée. Ils ont des conceptions très développées de l’univers, des galaxies, qui auraient tous leurs propres Bouddhas. En gros, nous ne sommes pas le seul monde qui a eu la chance d’avoir eu un Bouddha! Il y aurait des milliards et des milliards de mondes avec leurs Bouddhas - et encore, l’immensité de l’espace et du temps dans la cosmogonie Mahayana est incommensurable. Bref, il y aurait de nombreux Bouddhas là-haut. Et d’après les textes, tous ces Bouddhas, peu importe où ils se trouvent, enseignent toujours ces Quatre Nobles Vérités, même s’ils peuvent l’enseigner en employant des mots différents. Ainsi, on peut dire que la tradition Mahayana postule que ces Quatre Nobles Vérités sont véritablement Universelles - au sens plein du terme!
Le mot “Vérité” peut effrayer. Parce que cela implique qu’il faut y croire, que c’est comme ça, et pas autrement, et que l’on n’y changera rien. Une vérité est par définition immuable. Cela veut dire que l’on pourra s’agiter et débattre autant qu’on veut - une Vérité reste une Vérité. Cela peut faire peur parce qu’on peut être tenté de se dire, quand on s’initie au Bouddhisme “Ah bon, alors… S’il y a Quatre Nobles Vérités, ça veut dire que pour être Bouddhiste, je dois y croire, je dois avoir foi en celles-ci… une foi aveugle?!” Il serait peut-être plus utile de considérer que ces Quatre Nobles Vérités sont comme des cadres qui vont vous permettre de comprendre les enseignements du Bouddha. Ou bien, quatre éléments qui permettent de comprendre ce que peut être une vie spirituelle - éléments qui peuvent d’ailleurs être applicables à n’importe quelle tradition spirituelle tout court. Si d’autres spiritualités vous sont familières, peut-être que vous pourrez comparer.
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny

Devenir bouddhiste, c’est être capable de s’accepter tel que l’on est, avec nos bons et mauvais côtés. Quand on arrive à accepter sa nature, on peut avoir foi et confiance en soi. Lorsque vous avez confiance en vous, vous pouvez vous aider et vous éveiller. Si vous vous éveillez, alors vous pouvez aider les autres à s’éveiller. Pendant ce processus, il est dit que nous découvrons notre nature de Bouddha, ainsi que la nature de Bouddha des autres. Nous réalisons également que nous sommes tous reliés les uns aux autres d’une façon ou d’une autre. Les bouddhistes sont des gens heureux et pacifiques parce qu’ils éprouvent de la joie à suivre le chemin de la non-violence et de la libération. Ils sont avenants et responsables parce qu’ils pratiquent le Dharma et observent les préceptes. On les appelle des bodhisattvas - des êtres sages - parce qu’ils cultivent dans leur coeur la compassion, et servent les autres avec sagesse.
Mais, au fait, comment devient-on bouddhiste (dans la tradition Zen Coréenne)? Comment reçoit-on un nom de Dharma? Quels préceptes doit-on prendre et appliquer? Tout cela s’effectue au cours d’une cérémonie - mais avant d’aborder ce point, il faut passer en revue un certain nombre de choses. Les trois Joyaux ou Refuges (Bouddha / Dharma /Sangha), les préceptes,…
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny
Ils ont 5 ans. 6 ans. C’est une cérémonie qui va changer leur vie. Ils sont ordonnés novices - se font raser les cheveux par leur maitre, revêtent la robe, prennent les préceptes.
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny

Un feu d’artifice. Une explosion de couleurs, de nuances, de détails, de figures divines. Des animaux, des plantes, des fleurs, des entités fantastiques peuplent chaque recoin des temples coréens. Certaines cloches sont en forme de poisson. D’autre fois, deux dragons gardent l’entrée du temple. L’un tient un poisson dans sa bouche, l’autre une boule rouge. Sur les côtés, sont peintes des scènes de la vie de Bouddha. Dans une palette chaude, éclatante, vive. Le temple coréen est en lui même une fresque vivante, en mouvement. A l’image du bouddhisme coréen, le temple en Corée est plein d’énergie. Il inspire celui qui vient prier, le nourrit. Il inspire et même s’il fait apparaitre des symboles très puissants, il préserve une atmosphère profondément humaine. Le temple coréen n’est pas austère, figé, sombre, froid. Il respire, il vit. Tout comme ses moines qui ont toujours le sourire, et ses fidèles qui chantent avec une enthousiasmante dévotion.
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny
Les pérégrinations sur la toile amènent parfois à de sympathiques découvertes. Au détour d’un site coréen à l’abandon depuis plusieurs années, j’ai découvert un onglet “musique pour le thé”. Seul hic : pas de références. Aucun artiste de cité, aucun album mentionné. Je ne sais donc rien de ces morceaux, de leurs compositeurs, de leurs interprètes, à tel point que j’en ignore même les titres (il n’y avait que des caractères illisibles). Grand mystère, donc… C’est dommage car j’aurai aimé me procurer un CD de ce type - peut-être s’agit-il d’enregistrements sur le tas? Hmm, j’en doute.
Bref. A défaut de pouvoir jouir du silence chez soi, ces morceaux sont de très bons accompagnements.
Ces morceaux sont coréens. En espérant donc que cela vous fera découvrir de nouveaux paysages sensoriels, et que cela vous transportera en Asie.
Ces quatre morceaux sont une mise en bouche ; d’autres suivront. NB : clic droit / Enregistrer sous pour télécharger. Bonne écoute!
Vendredi 29 août 2008, par Jenny
Hier, Laurent, en vrai connaisseur, m’a fait découvrir une maison de thé vraiment sympathique et qui mérite le détour si vous habitez (ou êtes de passage) à Paris. Il s’agit de la maison Tch’a, qui se cache dans une petite ruelle calme et ancienne, à quelques minutes à pied du Pont-Neuf et de la place St Michel - ou encore, du Musée de la Monnaie. Là, vous pourrez y goûter des thés blancs, verts, bleu-verts, noirs… qui ont des noms tellement incroyables qu’ils laissent songeur. Une véritable thébaïde pour celui qui recherche des thés rares, subtils, en provenance d’Asie (Chine, Taiwan…), le tout dans une atmosphère paisible. Un vrai coup de cœur.
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny
“La Voie du Thé est sans portes.” Cette phrase était chère au Vénérable Hyodang. Ayant pris conscience de la manière dont certains considéraient la Voie du Thé comme quelque chose de complexe, d’aristocratique, inaccessible au commun des mortels, il soulignait toujours que n’importe qui pouvait pratiquer la Voie du Thé coréenne, quelque soit la classe sociale ou le niveau scolaire.
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny
后皇嘉樹配橘德 受命不遷生南國
密葉鬪霰貫冬靑 素花濯霜發秋榮
姑射仙子粉肌潔 閻浮檀金芳心結
沆瀣漱淸碧玉條 朝霞含潤翠禽舌
天仙人鬼俱愛重 知爾爲物誠奇絶
炎帝曾嘗載食經 醍酉+胡甘露舊傳名
解醒少眠證周聖 脫粟飯菜聞齊영
虞洪薦食+氣乞丹邱 毛仙示艸+聚引秦精
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Vendredi 29 août 2008, par Jenny

En Corée, la consommation du thé semble avoir été introduite aux alentours du VIème ou VIIème siècles, probablement par des moines Bouddhistes à leur retour de Chine, ou de nombreuses écoles attirait les plus érudits. Il existe des témoignages écrits, des choniques connues sous le nom de Samkuk-yusa et Samkuk-sagi, disant que la Reine Sondok de Silla (qui a régné de 632 à 647) buvait du thé, et qu’en 661, le Roi Munmu ordonna que le thé fut désormais utilisé pendant les cérémonies d’offrandes. Le roi Sinmun préchait que l’utilisation du thé permettait une purification de l’esprit, tandis que d’autres textes historiques montrent que le Roi Heundok aurait obtenu des graines de thé de Chine, et qu’il les aurait plantées en 828 - mais ces plants n’ont sans doute pas été les premiers.
Au Japon, la toute première brique de thé qui aurait été consommée remonte aux alentours de l’année 593, et il est dit que la première plantation de thé effectuée aurait été faite en 805. L’histoire moderne du thé au Japon marque le début de son existence avec le moine Eisai (1141-1215) qui a introduit le Zen Rinzai au Japon. Il rapporta du thé avec lui, en revenant de Chine, pays Lire la suite »
Jeudi 28 août 2008, par Laurent
Kairo est un conte philosophique moderne utilisant la technologie pour faire retentir la voix des morts et des vivants.

Ce film utilise l’image de la mort pour évoquer la solitude des vivants. La place dans l’au-delà est réduite, et les morts commencent à érrer entre deux mondes, dans la plus terrible des solitudes. Internet et le réseau va créer comme une faille spaciale de communication, comme une porte, outil indispensable à la réunion des deux mondes.

“La mort est une solitude éternelle”. La mort est tout sauf un repos. Aidez-nous. Quand la mort nous tend les bras, pour l’aider, pas d’autre solution que de tomber avec elle dans le gouffre. Les vivants dans le film ont l’air plus morts que les morts. De jeunes adolescents qui communiquent par internet, qui marchent comme des zombies, qui n’ont plus beaucoup de réactions. La mort tente de les secouer, mais rien y fait, le monde se dépeuple et va à sa perte. La magie et la surprise revient à ce monde qui fait si peur, à cette solitude qui est déjà vécue en vie. Fuir la solitude de la mort pour rester dans la solitude de la vie qui donne envie de mourir à de jeunes japonais. Voilà un peu le message d’absurdité du film. Mais c’est beau, parce que c’est poétique, et que la poésie subsiste dans le moindre élément en-deça de l’humanité. Des corps désarticulés, les morts projetés sur la toile du réel par cable informatique dans des zones interdites, des zones contaminées par l’appel de la solitude, comme le chant des sirènes.

Kiyoshi Kurosawa signe un film unique et marquant, irréel. Tokyo en ville fantôme, des disparitions en épidémie, des jeunes perdus qui marchent sans issues. Peut-être disparaissent-ils car ils se sont oubliés.
Jeudi 28 août 2008, par Laurent
Onibaba est une rareté cinématographique, tant par son esthétique pure que par sa dimension poétique, mythologique et humaine.
Le rythme et l’élan agréable poussé par l’esthétique en font une poésie remarquable.
Deux femmes, la mère et la fille, qui attend son mari enrôlé par l’armée dans le Japon du XVe siècle. Peut-être ne reviendra t-il jamais. Et quoi en attendant ? Survivre en espace et temps hostile. Les ravages de la guerre, dans un marais aux herbes plus hautes qu’un humain. La survie, c’est l’animalité, le déshonneur. Piller ce qu’il reste sur les corps de samurais ésseulés dans le marais, puis revendre, pour quelque boucher de millet.
La beauté de ce film réside dans la dimension globale de l’être humain. Les vices sont beaux et révélateurs d’une sauvagerie magnifique de corps qui réclament à vivre et à ressentir. La douceur de l’ondulation des herbes et leurs murmures nocturnes sous le vent silencieux en font les personnages principaux. Une femme apeurée courant dans la beauté crépusculaire d’une nature qui communique, qui avertit sans pitié, son souffle saccadé se mêlant au frottement des herbes. L’affrontement de soi, de sa solitude, dans le dos de la morale et de la famille, pour s’abandonner au plaisir, nourriture aussi indispensable que le riz qu’on avale. La chair est vitale. Se sentir femme, se sentir homme.

La mère, c’est la morale même qui la conduira à la monstruosité. Dans le mirroir, elle est son propre fantôme, qu’elle retrouve dans les yeux de sa fille. Le film explose par sa saveur de conte cruel mais beau et si juste.

Jeudi 28 août 2008, par Laurent

Houeisai, Laos, Juillet 2008.
Vers 5h30 du matin, je tournais autour d’un temple. Il m’avait fallu gravir de grandes marches, qui demandent deux pas chacune, pour arriver au sommet de l’escalier que deux dragons survolaient de chaque côté. Des moines sortaient au compte goutte des differentes habitations autour du temple, avec leur pot, prêts à aller mendier la nourriture aux habitants, comme l’avait fait Bouddha durant sa quête solitaire à travers le pays.
Un moine sonne alors une cloche, les moines commencent a se rassembler. Deux jeunes moines, entendant les chiens aboyer au son de la cloche et les voyant trainer un peu plus près, se mirent a la recherche de pierres pour les leur jetter de toute leur force. Les chiens se sont eloignes dans l’escalier des dragons.
Une scène fantasmée passa dans ma tete : j’allai ramasser une pierre, en aboyant et criant, puis la tendis a l’un des deux moines, lui faisant signe de me la jeter violemment.
Mercredi 27 août 2008, par Jenny
“Nous vivons dans un monde déchiré entre le désir d’écouter le bruit d’une fleur qui pousse et la volonté d’ignorer le bruit d’un ciel qui s’effondre. Mais être sensible au bruit que fait le premier demande peut-être plus d’énergie qu’il n’en faudrait pour empêcher le second de se produire.”
- Anonyme
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Mercredi 27 août 2008, par Laurent
Sur la Nam Tha, de Houesai à Luang Nam Tha.
La rivière coulante entre ces monts les laisse glisser en sa faible profondeur ; l’horizon dans son mince espace accueille l’immensité lointaine et silencieuse que nous observons sous le ronronnement de notre bateau.
Une simple esquisse dessine la sieste d’un homme endormi sur les flots.
De fraiches collines
Le ciel couché sur les nuages
Un fleuve en mirroir

Mercredi 27 août 2008, par Laurent

Talking Buds, Fabienne Verdier.
Le Laos est un pays propice à la contemplation et au dialogue intérieur. La très faible population est le premier élément d’une solitude naturelle qui se trouve sans qu’on la recherche.
Assis face à une cascade. Silence. Je crois que j’y étais encore trois heures après. Personne n’est passé, et j’ai pourtant ressenti ici la vie comme jamais, dans la moindre branche et la plus petite goutte d’eau. Mon observation m’a révélé l’individualisation des éléments naturels pourtant harmonisés pour former ce qu’on appelle une cascade.
Première vision : une cascade modeste. Elle coule dans un sens, et par endroit l’eau décolle et jaillit des roches en une courbe bien définie. Et pourtant… Plus le regard cadre, plus la flexibilité de l’oeil accueille le jeu de la relativité des échelles et des mouvements, plus ce qui semblait comme la chose la plus organiséé qui soit se transforme en un chaos jouissif de spontanéité. L’immuable direction de l’eau et ses principaux courants se tranformèrent en une richesse incompréhensible de par son imprévisibilité. La courbe de l’eau sur la roche ondulait comme un drapeau sous une bourrasque, insaisissable mouvement. Les éclaboussurent se font tantôt faibles, inexistantes, en fragments par millier, en poussière d’eau ou en grosses bulles… Le présent offre son renouveau. Les courants sont parfois inverses au sens globale de la cascade, les eaux se séparent, imprévisibles, pour se retrouver en endroits ou l’eau de l’autre bout de la cascade se mêle également. Cela fait du bruit. Le mouvement et la richesse spontané de la nature vivante est bruyante et odorante. On ressent dans son regard projeté dans la moindre goutte d’eau une fraicheur qui remplit le corps entier. Et du coin de l’oeil et de l’oreille, on voit les herbes bouger imperceptiblement et les oiseaux se démener dans les buissons.
J’étais simplement au milieu du bal festif de la nature qui n’en fait qu’à sa tête. Quel soulagement. Je n’étais pas seul, et le réconfort du vivant se faisait gigantesque lorsque j’en ressentais la particularité individuelle, l’identité de chaque élément.
Quelle était cette cascade qui d’une identité figée prenait maintenant mille visages toujours nouveaux. Et pourtant, j’étais toujours face à la même cascade.
Qu’est-ce qui fait que cette cascade peut être définie en tant que telle si tout n’est que nouveauté de mouvement renouvelé de manière toujours différente ? Qu’est-ce qui fait que cette imprévisibilité n’empêche pas de donner un sens fixe et repérable à cette nature ? Pourquoi cette cascade est celle-ci et pas une autre ? Cela rejoint la question de l’homme : qu’est-ce qui fait que je suis moi et pas un autre ? Qu’est ce qui me définit en tant qu’être singulier et définissable comme un tout organisé et distinguable dans son environnement ?
Ma réponse fut le chemin. Le chemin que prend cette cascade forme son identité propre et lui donne sa direction unifiée. Ce chemin est une harmonie d’action vivante : l’eau forme le chemin et le trace, mais la trace canalise l’eau et décide de son chemin.
L’ homme crée son chemin par ses pas, mais ses pas sont fait de beaucoup de chemins tracés.
Le chemin est pour moi la révélation de la nuance harmonieuse entre la création personnelle et l’émulation environnementale qui la soutient.
Mardi 26 août 2008, par Jenny

Je pense que la meilleure façon d’aborder pour la toute première fois le Bouddhisme, c’est avant tout de se montrer attentif à la question du Chemin, qui me parait être la clef de voûte de cette spiritualité / religion. Avant de me lancer, je tiens à souligner que cet article (et ceux qui suivront dans cette rubrique “Introduction”) n’est que l’humble expression de ma vision du Bouddhisme ; d’autant plus que mon expérience et ma pratique sont surtout tournés vers le Zen (et en particulier le Seon coréen.). Les lecteurs qui sont à la recherche de doctrines et théories alambiquées peuvent passer leur chemin. Ici, l’idée n’est pas de construire des théories, mais plutôt de vivre et ressentir très simplement le Bouddhisme dans son essence, comme quelque chose qui peut réellement nous amener plus loin dans notre développement personnel.
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Mardi 26 août 2008, par Laurent
Pour voir vraiment le Vietnam, il faut être à moto.
Jean-Pierre, du Café de Paris à Hanoi
Derrière cette phrase sans concession se cache une réalité particulière au Vietnam : le culte de la moto.
C’est le prolongement du corps pour beaucoup de vietnamiens. La première chose que je ferais, si je m’installais au Vietnam, ce serait de me trouver une moto. Les tuk-tuk habituels en thailande, au Laos ou au Cambodge sont remplacés au Vietnam par des moto-taxis. Pour un dollar on peut monter à l’arrière d’un moto-bike et c’est parti. Les rues d’Hanoi et de Saigon grouillent littéralement de ces bêtes motorisées qui klaxonnent sans raison. L’ensemble du Vietnam peut être parcouru avec un petit scooter. Ca consomme très peu et c’est très aisé à conduire.
L’intégration de l’occidental est beaucoup plus simple s’il est aperçu sur une moto. Cela impose le respect de la population, qui a conscience de sa particularité dans la manière de circuler en grande densité de motos. Les vietnamiens sourient et sont surpris, comme s’ils se disaient : il a osé, il n’a pas peur. La pénétration dans la culture vietnamienne n’est pas perçue comme une intrusion abusive, mais plutôt comme une marque respectueuse de ne pas se mettre à l’écart de ce qui fait peur à beaucoup d’étrangers. En effet, conduire dans Hanoi ou Saigon, faut être motivé…
L’effort en vaut la chandelle. C’est déjà une jouissance phénoménale de sillonner les routes de campagnes Vietnamiennes qui offrent des paysages hallucinants, avec cette liberté de prendre un sentier vers des montagnes attirantes, là où les bus ne font pas d’arrêt. Une pause dans un village face aux montagnes, boire quelques bières avec des vietnamiens fascinés qui se rafraichissent à coup de morceaux de carton, les regards curieux, les rires incontrôlés, c’est inoubliable. Durant ces moments, le moto-bike bienfaisant est garé devant, il se repose de sa route. En plus d’être l’objet d’une liberté de déplacement accrue, il marque les esprits de la population accueillante et semble être une machine à respect. A la campagne, le matin de mon départ, la femme de la maison où je logeais m’ a offert un bracelet. Une seule phrase pour justifier son geste, et à l’intérieur fut prononcé le mot “moto”. Comme si de venir seul à moto dans sa maison était un présent en soi. Venir par mes propres moyens signifie venir comme un vietnamien. Et comme un vietnamien c’est : à moto.
C’est marquant de voir tous ces moto-bikes se succéder devant les marchants de nouilles, pour prendre de la nourriture à emporter. Voir tous ces jeunes le week end, bien habillés, fashion, à deux ou trois sur leur moto, en train de fumer ou de se recoiffer. Ils portent des casques en forme de casquette, avec un revêtement de tissu, avec toutes sortes de motifs, en allant jusqu’à les copies D&G.
Une vision restera gravée à jamais dans ma mémoire. Une femme policière, chemise ceintrée serrée et jupe courte, jambes tenant sur des talons hauts. Elle se coiffe d’un petit casque rose contenant l’inscription “Fashion” en surbrillance, chevauche son scooter rouge et classe, se regarde dans le rétroviseur et s’en va.
L’affirmation simple de Jean-Pierre, j’en ai compris la pertinence en me décidant à franchir le pas et à louer un moto-bike. Les portes du paradis vietnamien s’ouvrent en grand.
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Mardi 26 août 2008, par Jenny

SItuée dans l’estuaire de la rivière Han (qui s’écoule jusqu’à Séoul), l’île de Gangwha (강화) se situe dans la province d’Incheon. Située à 2h30 de la capitale, au Nord Ouest, c’est la 5ème plus grande île de la Corée du Sud. Elle se situe tout près de la frontière avec la Corée du Nord. On s’en rends compte lorsque l’on s’approche des plages : celles-ci sont à certains endroits entourées de murs de fils de fers, couronnés par de grandes guirlandes de barbelés. Parfois, on est surpris de trouver un poste de garde aux couleurs militaires, avec un homme en treillis assis sur une chaise, fumant une cigarette. Mais c’est rare, et je ne veux pas m’apesantir sur ce genre de détails, car ils ne sont pas du tout représentatifs de l’atmosphère qui règne sur cette île paisible. Bordée de montagnes où s’abritent de vieux temples bouddhistes aux arbres quasi-millénaires, Ganghwa est fertile, comme en témoigne ses rizières qui gorgent ses vallées, fournissant un abri aux innombrables grenouilles qui, la nuit, vous bercent en poussant leur chansonnette.
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Mardi 26 août 2008, par Laurent

La rencontre avec l’art.
C’est un appel vivant, c’est la parole d’une émotion qui semblait se taire, jusqu’au moment de pouvoir la recevoir.
Ca s’est passé dans une gallerie à Hanoi. Le nom de cette gallerie était déjà toute une reflexion, bon présage à la suite des événements : the emptywall gallery.
L’art vietnamien est somptueux. L’explosion se fait à mon sens dans les toiles modernes qui empruntent à la nature et aux toiles plus classiques leurs couleurs contrastées. Cette éclosion fait parler le coeur et l’âme profonds. S’arrêter devant une toile plutôt qu’une autre, c’est déjà se déshabiller un peu. On ne peut pas tricher, et la personne sait déjà mieux qui on est. Je me suis souvent dit que c’était un privilège incommensurable d’être galleriste, pour en une simple observation pouvoir percer à jour le coeur d’un homme touché par sa propre grâce en mirroir.
Ce fut pour moi comme une fierté, une joie, un appel, de me sentir capable d’un tel sentiment pour l’éternel et le beau. Surtout quand la toile semble jaillir pour soi, seul notre regard pouvant lui donner sa véritable vie. Dans ce cas là le désir malsain de possession urgente fond dans l’état naturel d’un sentiment, d’une histoire d’amour. Je me suis trouvé un peu plus et mon regard les a touchées. C’est trop tard. Je ne sais pas qui de mon regard ou du tableau possède l’action du boulversement. A mesure du regard prolongé, la toile se montre vivante et changeante. Et on ne sait plus vraiment si elle possède toutes ces émotions ou si cela est dû au pouvoir du regard humain.
Un regard confronté au geste émotif de l’artiste, fixé à jamais sur la toile en peinture. Fixé mais vivant car intrinsèquement relié à la main qui a fonctionné avec un coeur battant. L’éphémère foule le tapis de l’éternité et nos regards ébahis en témoignent de son existence.
Mardi 26 août 2008, par Jenny
Si vous avez l’occasion d’aller au Japon lorsque le printemps fait sonner ses clochettes, n’hésitez pas une seule seconde : voilà un pays qui ne pourra que vous régaler de couleurs, de formes, de fragrances naturelles. Le Printemps Japonais dégage un parfum de magie insoupçonnée, et ne peut que charmer l’homme qui choisit de se perdre dans ses bras.
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Mardi 26 août 2008, par Laurent

Hongsa, Laos, juillet 2008
Le buffle etait un buffle, gris et gros, le ventre en tonneau large, et on sentait qu’il luirait de mille reflets si dessus tombait la pluie. De longues cornes ornaient sa tête pleine de douceur, comme des ailes se deployant non loin de ses oreilles. Une force paisible se degagait de cet animal qui mêle angles et rondeurs. Il mâche, une herbe reste suspendue sur le cote de son museau ondulant, la situation pourrait etre ridicule. Il semblerait pourtant que ce buffle ait l’air plus humain que n’importe quel autre personne autour de moi. Parce qu il me regarde, parce qu il est a la fois impenetrable et pourtant sans mystere. Il est dans une communication de forme avec moi, tandis que le monde est affairé a travailler la terre, a jouer son role. Lui a levé la tête a mon passage. Plus tard, des femmes repiquant le riz, de la meme facon, se leveront pour me regarder passer, et attendront que je sois bien loin pour se concentrer a nouveau sur leur tâche. Mais pour l’instant c est une grosse tête et des yeux fixes qui me contemplent. Comment une telle expression peut elle se degager d’un buffle, qui pourrait en etre un autre ? Cette expression interrogatrice mais seraine est fascinante, son mouvement de mastication n’est plus qu’une stabilite, une constance perpetuelle et mecanique. Seul compte le fil de nos regards en suspension dans l’air du debut d’apres midi, non loin des nuages en colliers pour les montagnes.
Je me decidai à m eloigner, poursuivant mon chemin, lui sans bouger, tournant sa tete qui accompagna mon depart. Il la lève : où il va ce jeune homme, pourquoi ne peut il pas rester la à mâcher ? nous etions si bien. Un éphémère d’éternité, c est un compromis, pourquoi ne pas aller au bout, se laisser transpercer, sans opposer de resistance, à la sagesse constante de la pature ? Nous courons, encore et toujours, et je ne sais pourquoi je suis parti, ni pourquoi à ce moment là. Qu’est ce qui a motivé mon depart, pourquoi ca suffisait ? Pourtant je n’ai eu aucune reponse.
Fuir ce buffle fut pour moi une epreuve troublante.
Mardi 26 août 2008, par Jenny

강나루 건너서
밀밭 길을
구름에 달 가듯이
가는 나그네
길은 외줄기
남도 삼백 리
술 익는 마을마다
티는 저녁놀
구름에 달 가듯이
가는 나그네
***
Par-delà de l’embarcation sur la rivère,
Sur la route à travers les champs de blé,
Comme la lune qui s’en va avec les nuages,
S’en va le Voyageur.
La route telle un fil,
Trois cents lieues vers le Sud.
A chaque village où mûrit de l’alcool,
Le crépuscule brûle comme une flamme.
Comme la lune qui s’en va avec les nuages,
S’en va le Voyageur.
Dimanche 24 août 2008, par Jenny

Qu’est-ce qu’un Hwadu?
En coréen, le mot Hwadu (qui a pour équivalent Koan, en japonais) est construit a partir du mot hwa (화), qui signifie parole ou histoire, et du (두), qui est un suffixe sans signification propre. Ainsi, le Hwadu est un simple mot pour décrire la parole. Il faut toutefois noter que les Maitres Zen (Seon, en Corée) emploient ce mot d’une façon particulière. Le Hwadu est un langage spécial pour les Maitres Seon, parce qu’il fait office de barrière contre une forme de pensée qui nous amène à tout catégoriser.
Spontanément, de telles paroles sont difficiles à saisir. Les Hwadus auraient le pouvoir de nous défaire de nos catégories, et de notre pensée conceptuelle. C’est pourquoi les Hwadus sont des paroles qui surpassent de loin les paroles du quotidien ; ils sont qualifiés comme étant des mots qui vont au-delà de toute norme, dans la mesure où ce sont des mots “absolus” qui sont au-dessus de toute forme de pensée rationnelle.
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Dimanche 24 août 2008, par Jenny

“물 아래 그림자 지니
다리위에 중이 간다.
저 중아 게 섰거라!
너 가는 데 물어보자.
손으로 흰 구름 가르키고,
돌아 아니 보고 가노매라.”
- 무명씨
***
“Une ombre passe sous l’eau,
Un bonze passe sur le pont.
-Un moment, bonze!
Où vas-tu?
Il pointe son bâton vers les nuages blancs
Et continue son chemin sans se retourner.”
- Anonyme
Dimanche 3 juin 2007, par jenny
Mingei, le mouvement d’art populaire japonais, a été crée dans la fin des années 20 / début des années 30 au Japon. Son père fondateur n’est d’autre que Yanagi Soetsu (1889-1961). Cela ne vous dit rien? Moi non plus. Je me contenterai d’écrire ici quelques lignes sur ces jouets japonais en papier mâché qui sortent de l’ordinaire. Ces jouets sont chargés de passé, et sont tous plus ou moins connotés à la mythologie et à la religion japonaise qui persistent encore de nos jours. Chaque figurine raconte une histoire unique. Certaines servent à effrayer les mauvais esprits, d’autres sont censées porter chance, protéger leur propriétaire… Les jouets japonais issus du follore sont considérés comme faisant partie intégrante du folklore japonais.
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Jeudi 31 mai 2007, par jenny
Vous avez envie de découvrir les chants “Amami Shimauta“? ( chansons des communautés villageoises des iles Amami) Alors voici un album de toute beauté: Utaba Utayun, qui date de 2002. Très peu connue en France, Ikue Asazaki a une voix qui hante pendant longtemps, même après écoute. Ses morceaux sont délicats et il y a un petit quelque chose de troublant dans ce chant très emprunt d’émotion. Le travail d’Asazaki, c’est avant tout un travail vocal et mélodique, accompagné avec une infinie douceur au piano. Utaba Utayunvous fera plonger dans des chants traditionnels de l’ile Amami.
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Vendredi 25 mai 2007, par jenny
La maison d’édition Hermann était déjà réputée pour la qualité des ouvrages qu’elle publie. Et lorsqu’il s’agit de s’attaquer à la culture et à l’art japonais… elle ne fait pas les choses à moitié. Petite bibliographie indicative pêchée sur le site de la maison.
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Mercredi 23 mai 2007, par jenny
Au détour d’une librairie de quartier, je suis tombé sur ce véritable bijou de petit manga. Les dessins sont fabuleux, l’histoire est à la fois onirique et légère, mais aborde des sujets profonds et parfois douloureux…
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Lundi 7 mai 2007, par jenny
L’Homme qui se cache derrière des oeuvres comme Perfect Blue, Paranoia Agent, Les Parrains de Tokyo et Millenium actress est revenu en force avec un grand chef d’oeuvre qui se propose d’explorer le lien entre rêve et réalité. On en sort ébouriffé, et c’est un euphémisme. De la SF en anime: du très grand art. L’histoire: que se passe-t-il quand on la technologie nous offre la possibilité de rendre moins étanches les frontières entre le rêve et la réalité? Et que se passe-t-il quand ces limites s’effacent?

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Lundi 7 mai 2007, par jenny
San-ga-nichi, ou “les trois jours” du nouvel an est l’un des festivals japonais les plus importants au cour de l’année, car les japonais ont pour habitude de célébrer le nouvel an trois fois plus que nous ne le faisons en Occident. Ils considèrent les trois premiers jours de l’année comme étant une occasion de s’assurer sa chance et son bonheur pour les jours suivants dans l’année. Dans ce but, de nombreuses traditions et rituels sont respectés.
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Dimanche 6 mai 2007, par jenny
Au Japon, le papillon était jadis considéré comme étant l’âme d’un vivant, homme ou femme. S’il pénétrait dans une pièce et qu’il voletait jusque derrière un panneau de bambou, c’était un signe sensé annoncer que la personne qu’il représentait allait bientôt rentrer dans la maison en question. La présence d’un papillon dans une maison était considéré comme un bon présage, mais cela dépendait du type de papillon. Car le papillon n’était pas toujours l’ambassadeur du bien…
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Dimanche 6 mai 2007, par jenny
Le dragon est sans aucun doute la plus connue des créatures mythiques, et, bien que chinoise d’origine, cette figure a été associée de façon intime à la mythologie japonaise.
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Samedi 5 mai 2007, par jenny
Bimbogami est le Dieu de la pauvreté. Il existe encore aujourd’hui certains rituels associé à la superstition populaire qui ont pour but d’igner ce Dieu des foyers. Qu’en est il? Focus.
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Samedi 5 mai 2007, par Laurent
“La première tasse humidifie mes lèvres et ma gorge; la deuxième brise ma solitude, la troisième se glisse pour saisir mon être enfoui… la quatrième tasse fait s’élever une légère transpiration: tout le tort de la vie me quitte à travers des pores de ma peau. Au bout de la cinquième tasse, je suis purifié; la sixième tasse m’élève au repère des immortels. La septième -ah, que ne puis-je en prendre davantage! Je ne ressens que la souffle du vent frais qui s’engouffre dans mes manches. Ou est Horaisan? (Paradis chinois) Laissez moi grimper sur la douce brise et m’envoler là bas”. Lotung
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Samedi 5 mai 2007, par jenny
De nombreuses figures divines apparaissent au sein de la littérature japonaise, que ce soit dans les contes et les légendes que dans la littérature. Il n’est pas évident de s’y repérer tant ces figures sont nombreuses, d’autant plus si l’on a pas été initié à la mythologie japonaise, au shintô ou au bouddhisme. Voici quelques bref repères qui vous seront peut être utiles. Dieux des corbeaux, de la chance, de la pestilence et de la sagesse? Esprits des plages, protecteurs des montagnes et des horizons, messagers du ciel? Tout est ici (Index alphabétique)
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Vendredi 6 avril 2007, par jenny
Ecrivain romancier de la période moderne, Abe Kôbo compte parmi les grands noms de la littérature japonaise. Biographie et Oeuvres magistrales.
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Mercredi 28 février 2007, par jenny
Un journaliste américain est parti au Japon, un an après l’explosion de la bombe atomique sur Hiroshima, recueillir des témoignages de survivants. Les lecteurs américains découvrent alors “l’horreur vécue par l’ennemi japonais”. Des descriptions poignantes qui placent au centre de la tragédie des hommes et des femmes, des êtres humains comme les autres, qui ont survécus à l’horreur du nucléaire.
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Jeudi 15 février 2007, par jenny
Largement traduit en français, Haruki Murakami (à ne pas confondre avec Ryu Murakami) est un auteur qui aborde des thèmes pour le moins étranges, en maniant assez bien l’art du suspens et du mystère. La course au mouton sauvage, Danse Danse Danse, La fin des Temps, Chroniques d’un oiseau à ressort sont quelques uns de ses livres les plus connus. On appréciera le côté divertissant de ce type de littérature. Pourtant, il manque quelque chose à l’appel…
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Mercredi 7 février 2007, par jenny
On connait bien le haïku, mais la poésie japonaise ne se limite absolument pas à cette forme d’écriture et se décline aussi sous d’autres formes mal connues: le Tanka et Renga.
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Samedi 3 février 2007, par jenny
Plein de sagesse et d’humour.
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Samedi 3 février 2007, par jenny
Etre 13 à table, passer sous une échelle, renverser du sel, voir un chat noir… les superstitions et croyances irrationnelles font partie de nos cultures. Qu’en est il au Japon? Petite liste.
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Jeudi 1 février 2007, par jenny
Ce film d’un peu plus de 1h30, sorti tout droit du studio Ghibli (Takahata & Miyazaki ) raconte l’histoire d’une jeune femme de 27 ans qui décide de prendre 10 jours de congé pour se rendre à la campagne afin de faire des travaux des champs dans une famille qu’elle connait déjà et qu’elle apprécie beaucoup. L’histoire, apparemment simple, est en fait structurée autour de flashbacks: l’enfance de la jeune femme réapparait ponctuellement et la vision de l’enfant qu’elle était à 10 ans, le fait de revivre son passé va l’inviter à reconsidérer sa vie actuelle et à faire des choix importants.
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Mercredi 31 janvier 2007, par jenny
Kenji Miyazawa est incontestablement mon auteur préféré. C’est avec beaucoup d’amour et en écartant tout brin d’objectivité que je veux vous faire découvrir les chefs d’oeuvre de cet homme que j’aurai tant voulu rencontrer. Intelligence, humour, douceur, tendresse et poésie sont autant de ses remèdes pour calmer nos vies en manque d’imaginaire, à la proie du bruit et de la violence de la vie post-moderne urbaine.
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Mercredi 31 janvier 2007, par jenny
Nous avons tous, à un moment ou à un autre, écouté en boucle une mélodie, comme si elle incarnait l’anthème de nos journées. Et, a chacune de nos phases, - gaité, nostalgie, espoir ou mélancolie- , viennent se mélanger des pièces musicales parfois sans paroles, qui subliment notre existence, ou parviennent simplement à donner du sens ou à surligner ce qui est indicible. Car ce que les mots ne parviennent à exprimer, les notes et les portées le peuvent parfois. Tonalités, paysages musicaux et émotions, tout s’entremêle parfois en une symbiose qui nous étonne nous même. Petite sélection très personnelle sur la base de grands compositeurs du paysage musical japonais (classique, contemporain et non traditionnel)
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Mercredi 31 janvier 2007, par Laurent
Le réalisateur d’Eurêka a écrit ensuite le livre. Pas un simple coup marketing, il y explore par écrit les pensées de chaque personnage. Ce qui ouvre une porte sur l’âme des enfants, qui restent muets dans le film.
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Mercredi 31 janvier 2007, par Laurent
Propos du réalisateur d’Eurêka. (complète l’article Eurêka - Aoyama Shinji (2000))
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Mercredi 31 janvier 2007, par Laurent
Eurêka, ou la philosophie du silence et des actes.
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Mardi 30 janvier 2007, par jenny
Botchan est un peu comme le journal intime d’un professeur fraichement diplomé de Tôkyô qui arrive dans une école de campagne, et qui n’est pas au bout de ses surprises, tant à cause des élèves que du corps enseignant. C’est délicieux et drôle. Petit extrait croustillant.
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Lundi 29 janvier 2007, par jenny
Ethnologue japonais, Yanagita Kunio a recueilli de nombreux contes issus du folklore japonais, en parcourant les villages à travers le pays pour enregistrer et restranscrire des histoires qui ont été traduites dans le monde entier. Un petit ouvrage paru dans la collection Motif du Serpent à Plumes nous offre le bonheur de se replonger un peu dans cet univers drôle, tendre ou inquiétant.
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Lundi 29 janvier 2007, par jenny
Miyazaki, poète, philosophe et artiste de génie a ce don de toucher le coeur des gens, peu importe leur culture, leur langue et leur âge. Il se dégage une magie irrésistible de chacun de ses chefs d’oeuvres. Qui ne s’est pas laissé emporté par les émotions qui se dégagent des trames du récit, qui ne s’est pas attaché à ses personnages, à son bestiaire? Intelligence, humanisme, onirisme: chaque film dégage une puissance étrange. Des paysages à couper le souffle, des personnages qui ont une réelle épaisseur, et des univers emprunt d’une mythologie épique…
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Mercredi 24 janvier 2007, par Laurent

Première partie : les origines. Comment le thé est arrivé au Japon, comment s’est-il développé?
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Mardi 23 janvier 2007, par Laurent
Livre publié en 1906. L’extrait qui va suivre est d’une actualité troublante. Jamais je pense que le mépris occidental quant à ces “bizarreries asiatiques” n’a été aussi bien pointé que par Kakuzo Okakura, qui s’en défend avec justesse et grand génie dans l’écriture. Il en profite pour faire passer un message sublime sur la grandeur des petites choses.
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Mardi 23 janvier 2007, par Laurent
Je vais m’exprimer librement sur le thé, sans chercher le point de vue sociologique ou historique. J’évoquerai dans un article futur l’histoire du thé au japon et la façon dont ce petit bonheur peut être vécu là-bas. Pour l’instant, place aux sensations…
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Samedi 20 janvier 2007, par jenny
Quand un chat se met à décrire d’un oeil critique ses maîtres, leurs habitudes, leurs tics, et plus largement la société humaine ( et en particulier japonaise, pendant l’ère Meiji), on n’est pas au bout de ses surprises, surtout lorsque c’est Soseki qui, d’une main de maître, dirige les personnages comme un metteur en scène perfectionniste. Je suis un